L’hantavirus ne touche pas tous les pays de la même manière. Il ne s’agit pas d’une seule maladie uniforme, mais d’un groupe de virus transmis principalement par des rongeurs. Selon les régions du monde, les hantavirus provoquent surtout deux grands types de maladies : la fièvre hémorragique avec syndrome rénal, plus fréquente en Europe et en Asie, et le syndrome cardio-pulmonaire à hantavirus, surtout observé dans les Amériques. L’Organisation mondiale de la santé rappelle que les humains sont généralement contaminés par contact avec l’urine, les déjections ou la salive de rongeurs infectés, notamment lorsque des poussières contaminées sont inhalées.
Les pays les plus touchés dépendent donc du critère utilisé. Si l’on parle du nombre total de cas, l’Asie, et en particulier la Chine et la République de Corée, concentre une part importante du fardeau mondial. Si l’on parle de taux de notification en Europe, la Finlande ressort très nettement. Si l’on parle de sévérité et de létalité dans les Amériques, des pays comme l’Argentine, le Brésil, la Bolivie, le Chili ou le Paraguay sont particulièrement surveillés. L’OMS estime que les infections à hantavirus restent relativement rares à l’échelle mondiale, mais qu’elles peuvent provoquer des formes graves et mortelles, avec un fardeau plus élevé en Asie et en Europe.
Pourquoi le classement des pays touchés par l’hantavirus varie selon les régions
Pour comprendre quels pays sont les plus touchés par l’hantavirus, il faut distinguer trois notions : le nombre de cas, le taux d’incidence et la gravité clinique. Un pays très peuplé peut enregistrer beaucoup de cas sans avoir le taux le plus élevé. À l’inverse, un pays moins peuplé peut afficher un taux important parce que les cas sont concentrés dans certaines zones rurales ou forestières. Enfin, certains pays peuvent avoir peu de cas, mais une létalité plus élevée, ce qui les rend prioritaires du point de vue de la santé publique.
En Europe et en Asie, les hantavirus provoquent surtout une fièvre hémorragique avec syndrome rénal. Cette forme touche principalement les reins et les vaisseaux sanguins. Dans les Amériques, les hantavirus provoquent surtout un syndrome cardio-pulmonaire, qui peut évoluer rapidement vers une atteinte respiratoire grave. L’OMS indique que la létalité peut être inférieure à 1 % à 15 % en Asie et en Europe selon les virus et les contextes, mais atteindre jusqu’à 50 % dans les Amériques pour certaines formes cardio-pulmonaires.
La répartition dépend aussi des rongeurs réservoirs. Chaque hantavirus est généralement lié à une ou plusieurs espèces de rongeurs. Les zones rurales, les forêts, les granges, les cabanes, les abris fermés, les lieux de stockage, les bâtiments peu ventilés et les environnements où les rongeurs prolifèrent sont plus à risque. Les personnes exposées professionnellement, comme les agriculteurs, les forestiers, les travailleurs du bâtiment, les personnes qui nettoient des locaux infestés ou celles qui pratiquent des activités de plein air dans des zones endémiques, peuvent être davantage concernées.
Les pays les plus touchés à l’échelle mondiale
À l’échelle mondiale, les pays les plus concernés par l’hantavirus se situent principalement en Asie, en Europe du Nord et centrale, ainsi que dans plusieurs pays des Amériques. La Chine et la République de Corée sont particulièrement importantes pour la fièvre hémorragique avec syndrome rénal. L’OMS précise que l’Asie de l’Est, notamment la Chine et la République de Corée, continue de rapporter plusieurs milliers de cas chaque année, même si l’incidence a diminué au fil des décennies.
En Europe, la Finlande, l’Allemagne, la Suède, la Slovénie, la Slovaquie, l’Autriche et certains pays d’Europe centrale ou nordique font partie des pays régulièrement concernés. Selon le rapport épidémiologique annuel 2023 de l’ECDC, 28 pays de l’Union européenne et de l’Espace économique européen ont rapporté 1 885 cas d’infection à hantavirus en 2023, et la Finlande ainsi que l’Allemagne représentaient ensemble 60,5 % des cas déclarés.
Dans les Amériques, les pays les plus surveillés sont notamment l’Argentine, le Brésil, la Bolivie, le Chili, le Paraguay, le Panama, l’Uruguay et les États-Unis. L’alerte épidémiologique de l’OPS/OMS publiée en décembre 2025 indiquait que huit pays des Amériques avaient rapporté des cas confirmés de syndrome pulmonaire à hantavirus en 2025 : Argentine, Brésil, Bolivie, Chili, Panama, Paraguay, États-Unis et Uruguay.
Chine : le pays qui supporte l’un des plus grands fardeaux mondiaux
La Chine est l’un des pays les plus touchés par les hantavirus en nombre absolu de cas. Elle est historiquement associée à la fièvre hémorragique avec syndrome rénal, une forme liée notamment aux virus Hantaan et Seoul. Les zones rurales, les régions agricoles et les territoires où les populations de rongeurs sont importantes jouent un rôle central dans la transmission.
L’OMS souligne que la Chine fait partie des pays d’Asie de l’Est où la fièvre hémorragique avec syndrome rénal continue de représenter plusieurs milliers de cas par an. Une publication de China CDC Weekly consacrée à la période 2014-2023 confirme que cette maladie demeure une menace significative pour la santé humaine en Chine et que sa distribution dépend de facteurs écologiques, climatiques et territoriaux.
La Chine doit donc être placée tout en haut du classement mondial lorsqu’on parle de charge globale. Ce classement ne signifie pas que tout le territoire chinois présente le même niveau de risque. Le risque varie selon les provinces, les saisons, les activités humaines et les espèces de rongeurs présentes. Les personnes les plus exposées sont souvent celles qui vivent ou travaillent dans des environnements ruraux, agricoles, forestiers ou dans des bâtiments où la présence de rongeurs est possible.
République de Corée : un pays historiquement associé aux hantavirus
La République de Corée est également l’un des pays historiquement les plus associés aux hantavirus. La fièvre hémorragique avec syndrome rénal y est connue depuis longtemps, notamment en lien avec le virus Hantaan. L’OMS mentionne explicitement la République de Corée, aux côtés de la Chine, parmi les pays d’Asie de l’Est où les cas restent nombreux chaque année.
Le risque sud-coréen est surtout lié à des expositions rurales, agricoles ou militaires, mais il peut aussi concerner des personnes exposées à des environnements contaminés par des rongeurs. Comme dans d’autres pays asiatiques, la maladie peut être saisonnière, avec des variations liées aux cycles de reproduction des rongeurs, aux récoltes, aux conditions climatiques et aux contacts humains avec les habitats naturels des animaux réservoirs.
Dans un classement orienté vers la charge sanitaire historique et régionale, la République de Corée figure donc parmi les pays majeurs. Elle n’est pas forcément le pays le plus touché en nombre absolu à un instant donné, mais elle reste un territoire de référence pour la surveillance, la connaissance clinique et l’histoire des hantavirus.
Finlande : le pays européen au taux le plus élevé en 2023
En Europe, la Finlande est l’un des pays les plus touchés, surtout si l’on regarde le taux de notification par habitant. Le rapport de l’ECDC pour 2023 indique que la Finlande a rapporté 806 cas, avec un taux de 14,5 cas pour 100 000 habitants, soit le taux le plus élevé de l’Union européenne et de l’Espace économique européen cette année-là.
Le pays est particulièrement concerné par le virus Puumala, associé au campagnol roussâtre. Cette forme provoque souvent une néphropathie épidémique, considérée comme une forme généralement plus modérée de fièvre hémorragique avec syndrome rénal, mais qui peut tout de même entraîner une hospitalisation, une atteinte rénale et une fatigue prolongée. L’ECDC indique que le virus Puumala était l’agent le plus souvent identifié en Europe parmi les cas avec information disponible sur l’agent causal en 2023.
Le cas finlandais montre bien l’importance de distinguer le nombre total de cas du taux rapporté à la population. L’Allemagne peut compter un nombre important de cas certaines années, mais la Finlande se distingue par une incidence élevée. Pour un voyageur, le risque reste généralement faible si les précautions sont respectées, mais il augmente lors de séjours en cabanes, chalets, forêts, granges ou zones où les rongeurs sont présents.
Allemagne : un pays européen majeur en nombre de cas
L’Allemagne fait partie des pays européens les plus touchés en nombre total de cas déclarés. En 2023, l’ECDC indiquait que l’Allemagne avait rapporté 335 cas, soit le deuxième total le plus élevé de l’Union européenne et de l’Espace économique européen après la Finlande. Avec la Finlande, l’Allemagne représentait 60,5 % des cas européens déclarés cette année-là.
Le risque allemand est généralement lié à des régions où le campagnol roussâtre est présent et où les conditions écologiques favorisent sa prolifération. Certaines années peuvent être plus marquées que d’autres en raison de la disponibilité alimentaire pour les rongeurs, des conditions climatiques et des cycles de population. L’ECDC rappelle que les infections à hantavirus suivent des fluctuations saisonnières et pluriannuelles influencées principalement par la dynamique des populations de rongeurs réservoirs.
Pour les habitants et voyageurs, les situations les plus à risque sont le nettoyage de lieux fermés depuis longtemps, le rangement de bois, le travail en forêt, les activités agricoles, les séjours dans des maisons de campagne ou la manipulation de matériaux contaminés par des déjections de rongeurs. Le risque ne se limite donc pas à la nature sauvage ; il peut aussi concerner des espaces domestiques ou semi-domestiques.
Suède, Slovénie, Slovaquie et Autriche : des pays européens régulièrement concernés
La Suède, la Slovénie, la Slovaquie et l’Autriche font partie des pays européens où les hantavirus sont régulièrement rapportés. En 2023, l’ECDC a enregistré 157 cas en Suède, 154 en Slovaquie, 97 en Autriche et 64 en Slovénie. Les taux variaient selon les pays, avec notamment 3,0 cas pour 100 000 habitants en Slovénie, 2,8 en Slovaquie, 1,5 en Suède et 1,1 en Autriche.
Ces chiffres doivent être interprétés avec prudence. Les années ne se ressemblent pas toujours. Par exemple, la Slovénie avait enregistré un taux très élevé en 2021, tandis que 2023 a été plus modérée. L’ECDC précise que 2023, avec 2020, a représenté l’un des taux les plus bas de la période 2019-2023 dans l’Union européenne et l’Espace économique européen.
Ces pays illustrent la dynamique cyclique de l’hantavirus en Europe. Une année calme ne signifie pas disparition du risque. Une année plus active peut survenir lorsque les conditions écologiques favorisent les rongeurs. Les personnes vivant en zones rurales, travaillant dans les forêts ou nettoyant des bâtiments contaminés doivent appliquer des mesures simples : aérer, humidifier les surfaces avant nettoyage, éviter de balayer à sec les déjections et empêcher l’accès des rongeurs aux bâtiments.
Argentine : le pays le plus touché dans les Amériques en 2025
Dans les Amériques, l’Argentine est l’un des pays les plus importants pour l’hantavirus. L’OPS/OMS indiquait qu’en 2025, jusqu’à la semaine épidémiologique 47, l’Argentine avait confirmé 66 cas de syndrome pulmonaire à hantavirus, soit le nombre le plus élevé parmi les pays de la région mentionnés dans l’alerte. L’organisation précisait aussi que l’Argentine continuait d’être le pays rapportant le plus grand nombre de cas d’hantavirus dans la région.
L’Argentine est particulièrement associée au virus Andes, important parce qu’il est l’un des rares hantavirus pour lesquels une transmission interhumaine limitée a été documentée. L’OMS indique que le virus Andes, présent en Amérique du Sud, est actuellement connu pour avoir provoqué une transmission limitée de personne à personne parmi des contacts proches.
En 2025, l’OPS/OMS rapportait 21 décès en Argentine, avec une létalité de 32 %, supérieure à la moyenne des quatre années précédentes. Les expositions signalées incluaient notamment le contact avec des rongeurs ou leurs excréments, la résidence en logement rural, les excursions dans des zones rurales ou sauvages et le nettoyage de maisons, caves, greniers ou remises.
Brésil : moins de cas que l’Argentine, mais une létalité élevée en 2025
Le Brésil est aussi un pays important dans la surveillance de l’hantavirus en Amérique du Sud. L’OPS/OMS a rapporté 20 cas confirmés de syndrome pulmonaire à hantavirus au Brésil entre la semaine épidémiologique 1 et la semaine 47 de 2025. Les cas étaient répartis dans plusieurs États, dont Maranhão, Minas Gerais, Mato Grosso, Pará, Rio Grande do Sul et Santa Catarina.
Le point marquant pour le Brésil en 2025 est la létalité. L’OPS/OMS signalait 11 décès parmi les 20 cas, soit une létalité de 55 %, supérieure à la moyenne des quatre années précédentes. Les expositions rapportées comprenaient des activités de nettoyage, l’exploitation forestière, le contact avec des rongeurs et une exposition majoritairement rurale.
Le Brésil n’est donc pas forcément le pays qui rapporte le plus grand nombre de cas chaque année, mais il fait partie des pays à surveiller attentivement en raison de la sévérité possible des formes pulmonaires. Pour les voyageurs, les séjours urbains classiques présentent généralement un risque faible, mais les zones rurales, les hébergements isolés, les activités forestières, les travaux agricoles et les lieux fermés contaminés par des rongeurs nécessitent davantage de prudence.
Bolivie : une augmentation notable en 2025
La Bolivie fait partie des pays des Amériques ayant signalé une hausse importante en 2025. L’OPS/OMS rapportait 48 cas confirmés de syndrome pulmonaire à hantavirus entre la semaine épidémiologique 1 et la semaine 46 de 2025. Ce total doublait la moyenne observée en 2023 et 2024, qui était d’environ 23 cas.
Les cas boliviens étaient surtout liés à des expositions rurales, qui représentaient 93 % des situations rapportées. Les départements mentionnés incluaient La Paz, Tarija, Beni et Santa Cruz. L’OPS/OMS indiquait également 11 décès, avec une létalité de 22,9 %, supérieure à la moyenne des quatre années précédentes.
La Bolivie illustre un point essentiel : un pays peut devenir prioritaire non seulement parce qu’il compte beaucoup de cas, mais aussi parce que les cas augmentent rapidement par rapport à son historique récent. Pour les autorités sanitaires, une hausse inhabituelle nécessite un renforcement de la surveillance, de la communication des risques et des mesures de prévention dans les environnements ruraux.
Chili : un pays clé pour le virus Andes
Le Chili est un pays clé dans l’épidémiologie de l’hantavirus en Amérique du Sud, notamment en raison de la circulation du virus Andes. L’OPS/OMS rapportait 35 cas confirmés de syndrome pulmonaire à hantavirus entre la semaine épidémiologique 1 et la semaine 45 de 2025. Les régions touchées incluaient notamment Los Ríos, Ñuble, O’Higgins, Araucanía, Maule, Biobío, Los Lagos, Aysén et la région métropolitaine.
La majorité des cas chiliens de 2025 présentaient une exposition en zone rurale. L’OPS/OMS mentionnait aussi l’entrée dans des lieux fermés et la participation à des activités agricoles ou forestières. Sept décès avaient été rapportés, avec une létalité de 20 %, inférieure à la moyenne des cinq années précédentes.
Pour les voyageurs, le Chili ne doit pas être vu comme un pays uniformément à risque. Le risque est surtout lié aux zones rurales, forestières, agricoles ou aux hébergements exposés aux rongeurs. Les activités de randonnée, camping ou séjour en cabane peuvent nécessiter des précautions particulières, surtout dans les régions où le virus est connu.
Paraguay : un pays touché par des expositions professionnelles
Le Paraguay a rapporté 27 cas confirmés de syndrome pulmonaire à hantavirus en 2025 jusqu’à la semaine épidémiologique 47, selon l’OPS/OMS. La majorité des cas étaient concentrés dans le département de Boquerón, avec un cas dans Presidente Hayes.
L’alerte de l’OPS/OMS soulignait que le nombre de cas en 2025 dépassait la moyenne des quatre années précédentes, et que plus de la moitié des cas étaient liés à un foyer associé à des activités routières à Mariscal Estigarribia. Tous les cas étaient liés à des expositions rurales. Six décès avaient été rapportés, avec une létalité de 22,2 %.
Le Paraguay montre l’importance des risques professionnels. Les travailleurs exposés à la poussière, aux sols, aux abris temporaires, aux chantiers ou aux zones rurales peuvent être plus vulnérables. La prévention ne concerne donc pas seulement les habitants des maisons rurales, mais aussi les équipes de travaux, les ouvriers, les conducteurs, les personnes chargées de l’entretien et les professionnels qui passent du temps dans des environnements où les rongeurs sont présents.
Panama et Uruguay : des pays moins volumineux mais toujours concernés
Le Panama et l’Uruguay figurent aussi parmi les pays rapportant des cas dans les Amériques. L’OPS/OMS a signalé 18 cas confirmés au Panama en 2025 jusqu’à la semaine épidémiologique 47, principalement dans Los Santos, avec d’autres cas à Herrera et Coclé. Aucun décès n’était rapporté au Panama dans ce bilan.
L’Uruguay a rapporté huit cas confirmés en 2025 jusqu’à la semaine épidémiologique 46, avec des expositions rurales, urbaines et périurbaines. Un décès était signalé, avec une létalité indiquée à 12,3 %, inférieure à la moyenne des quatre années précédentes.
Ces deux exemples montrent qu’un nombre de cas plus faible ne signifie pas absence de risque. Les zones d’exposition peuvent être localisées, et les comportements à risque restent similaires : nettoyage de lieux contaminés, contact avec des rongeurs, séjour dans des bâtiments peu ventilés ou activités de plein air dans des zones endémiques.
États-Unis : un risque rare mais bien documenté
Aux États-Unis, l’hantavirus est rare, mais il est bien surveillé. Le CDC indique que 890 cas de maladie à hantavirus avaient été rapportés aux États-Unis depuis le début de la surveillance en 1993 jusqu’à la fin de 2023. La surveillance a commencé après l’épidémie de maladie respiratoire sévère observée dans la région des Four Corners, où se rejoignent l’Arizona, le Colorado, le Nouveau-Mexique et l’Utah.
L’OPS/OMS indiquait que les États-Unis avaient confirmé 20 cas de syndrome cardio-pulmonaire à hantavirus en 2024, avec huit décès, et sept cas confirmés provisoires en 2025 jusqu’à la semaine épidémiologique 47, avec deux décès. Les États mentionnés pour 2025 incluaient l’Arizona, le Colorado, le Nevada, Washington et le Wisconsin.
Le risque américain est souvent associé à des environnements où vivent des souris sylvestres, notamment dans l’Ouest et le Sud-Ouest, mais des cas peuvent aussi être observés ailleurs. Les activités à risque incluent le nettoyage de cabanes, garages, granges ou véhicules restés fermés, le camping, les travaux dans des bâtiments infestés et le contact avec des poussières contaminées.
Canada : un risque plus faible mais présent
Le Canada rapporte moins de cas que plusieurs pays d’Amérique du Sud ou que les États-Unis, mais le risque existe. L’OPS/OMS indiquait que, selon le système canadien de surveillance des maladies à déclaration obligatoire, 10 cas confirmés de syndrome pulmonaire à hantavirus avaient été rapportés entre 2021 et 2023, avec deux cas en 2022 et huit en 2023. Les données 2024 et 2025 n’étaient pas encore publiées dans ce bilan.
Le Canada doit donc être classé comme un pays concerné, mais pas parmi les plus touchés en nombre absolu. Le risque est surtout pertinent pour les personnes exposées à des environnements ruraux, forestiers, agricoles ou à des lieux fermés où des rongeurs ont pu laisser des déjections.
Pour les voyageurs, les précautions sont similaires à celles recommandées aux États-Unis : éviter de balayer à sec des poussières potentiellement contaminées, aérer les lieux fermés, humidifier avant nettoyage, porter une protection adaptée si nécessaire et empêcher les rongeurs d’entrer dans les hébergements.
Pourquoi les pays nordiques et forestiers sont plus concernés en Europe
En Europe, l’hantavirus est fortement lié aux écosystèmes forestiers et aux rongeurs réservoirs, notamment le campagnol roussâtre. Les pays nordiques ou forestiers comme la Finlande et la Suède peuvent donc enregistrer des taux élevés certaines années. L’ECDC précise que les professions liées à la forêt et à l’agriculture, ainsi que les activités comme le camping, l’utilisation de maisons d’été ou la visite de maisons forestières, ont été identifiées comme facteurs de risque.
La saisonnalité joue aussi un rôle. En 2023, l’ECDC a observé des nombres de cas relativement bas dans l’année, avec un pic en juillet et août. Cela correspond à des périodes où les activités de plein air, les séjours en maisons secondaires et les contacts avec des environnements naturels augmentent.
Dans les pays européens concernés, le risque est rarement lié à un séjour touristique urbain classique. Il concerne davantage les activités rurales et les situations où l’on entre en contact avec de la poussière contaminée par des rongeurs. Les personnes qui nettoient un chalet fermé, un abri de jardin, une grange, une remise ou un garage doivent prendre des précautions simples mais importantes.
Pourquoi l’Amérique du Sud est particulièrement surveillée
L’Amérique du Sud est particulièrement surveillée en raison du syndrome cardio-pulmonaire à hantavirus et de la présence du virus Andes. Cette forme peut être grave, avec une progression respiratoire rapide. L’OMS indique que les hantavirus des Amériques peuvent provoquer un syndrome cardio-pulmonaire sévère, avec une létalité pouvant atteindre jusqu’à 50 %.
L’autre particularité est la transmission interhumaine limitée du virus Andes. Contrairement à la plupart des hantavirus, qui se transmettent essentiellement des rongeurs à l’humain, le virus Andes peut, dans certaines circonstances, se transmettre entre personnes ayant eu un contact proche et prolongé. L’OMS précise que cette transmission reste documentée surtout en Argentine et au Chili.
Cette particularité ne signifie pas que l’hantavirus se transmet facilement comme la grippe ou la COVID-19. La transmission interhumaine reste rare et spécifique à certains contextes. Toutefois, elle justifie une surveillance renforcée, l’identification rapide des cas, le suivi des contacts et des mesures de prévention adaptées en cas de suspicion.
Les pays les plus touchés ne sont pas forcément les plus dangereux pour tous les voyageurs
Un pays peut être très touché sur le plan épidémiologique sans représenter un risque élevé pour tous les visiteurs. Le risque individuel dépend surtout du lieu précis, de la saison, du type d’hébergement, des activités et du comportement face aux rongeurs. Un voyageur qui reste dans une grande ville, dort dans des hébergements entretenus et n’entre pas en contact avec des lieux infestés court généralement un risque beaucoup plus faible qu’une personne qui campe, travaille en forêt ou nettoie une cabane fermée depuis plusieurs mois.
L’OMS indique que les activités impliquant un contact avec des rongeurs, comme le nettoyage d’espaces fermés ou mal ventilés, l’agriculture, la foresterie ou le fait de dormir dans des logements infestés, augmentent le risque d’exposition.
La notion de pays touché doit donc être utilisée comme un repère, pas comme une alerte uniforme. En Argentine, au Chili, en Finlande, en Allemagne, aux États-Unis ou en Chine, le risque n’est pas identique dans toutes les régions ni dans toutes les situations. Les conseils doivent être adaptés à l’itinéraire réel et aux activités prévues.
Les symptômes qui doivent alerter après un séjour dans une zone à risque
Les symptômes de l’hantavirus peuvent commencer comme ceux de nombreuses infections courantes : fièvre, maux de tête, douleurs musculaires, fatigue, nausées, vomissements, douleurs abdominales ou diarrhée. L’OMS indique que les symptômes apparaissent généralement entre une et huit semaines après l’exposition, selon le type de virus.
Dans le syndrome cardio-pulmonaire, l’évolution peut ensuite devenir rapide, avec toux, essoufflement, accumulation de liquide dans les poumons et choc. Dans la fièvre hémorragique avec syndrome rénal, des phases ultérieures peuvent inclure une baisse de tension, des troubles hémorragiques et une insuffisance rénale.
Après un séjour dans une zone connue pour l’hantavirus, surtout en cas de contact possible avec des rongeurs ou des lieux contaminés, il est important de consulter rapidement si une fièvre apparaît avec des douleurs musculaires, des troubles digestifs ou des signes respiratoires. Il faut mentionner au professionnel de santé les lieux visités, les activités réalisées et toute exposition possible à des rongeurs.
Les mesures de prévention dans les pays touchés
La prévention repose principalement sur la réduction du contact avec les rongeurs et leurs excréments. L’OMS recommande notamment de garder les maisons et lieux de travail propres, de fermer les ouvertures permettant aux rongeurs d’entrer, de stocker la nourriture de façon sécurisée, d’appliquer des pratiques de nettoyage sûres dans les zones contaminées, d’éviter le balayage ou l’aspiration à sec des déjections et d’humidifier les zones contaminées avant nettoyage.
L’ECDC insiste aussi sur le contrôle des rongeurs, l’évitement du contact avec l’urine, la salive ou les déjections, et la désinfection des zones contaminées. Il rappelle qu’aucun vaccin contre les maladies causées par les hantavirus n’est disponible en Europe.
Pour un particulier, les mesures pratiques sont simples : ne pas toucher les rongeurs morts à mains nues, ne pas remuer de poussières sèches, aérer un local fermé avant de le nettoyer, porter des gants, humidifier les surfaces contaminées, jeter les déchets de façon sécurisée, boucher les trous dans les bâtiments, ranger la nourriture dans des contenants fermés et éviter de dormir au sol dans des zones où les rongeurs sont visibles.
Les pays à surveiller selon le type de voyage
Pour un voyage rural ou nature en Europe, les pays à surveiller en priorité sont la Finlande, l’Allemagne, la Suède, la Slovénie, la Slovaquie et l’Autriche. Le risque est surtout lié aux forêts, aux chalets, aux maisons secondaires, aux granges et aux activités agricoles ou forestières. L’ECDC a confirmé l’importance de la Finlande et de l’Allemagne dans les cas européens déclarés en 2023.
Pour un voyage en Amérique du Sud, les pays à surveiller sont l’Argentine, le Chili, le Brésil, la Bolivie et le Paraguay, avec une attention particulière aux zones rurales et forestières. L’OPS/OMS signalait en 2025 des cas confirmés dans ces pays, ainsi qu’au Panama, aux États-Unis et en Uruguay.
Pour un voyage en Asie de l’Est, la Chine et la République de Corée sont les pays les plus importants à connaître. Le risque concerne surtout certaines zones rurales ou agricoles, et la forme dominante est la fièvre hémorragique avec syndrome rénal. L’OMS cite ces deux pays comme particulièrement concernés par des milliers de cas annuels.
Classement pratique des pays les plus concernés
Si l’on établit un classement pratique, il faut le présenter par catégorie plutôt que sous forme d’un seul palmarès mondial. En nombre absolu et fardeau historique, la Chine occupe une place majeure, suivie par d’autres pays d’Asie de l’Est comme la République de Corée. En Europe, la Finlande arrive en tête pour le taux de notification en 2023, tandis que l’Allemagne figure parmi les premiers pays en nombre de cas. En Amérique, l’Argentine est particulièrement importante en nombre de cas rapportés en 2025, tandis que le Brésil s’est distingué par une létalité élevée dans l’alerte de l’OPS/OMS.
Un classement clair peut donc être formulé ainsi : Chine et République de Corée pour l’Asie ; Finlande, Allemagne, Suède, Slovaquie, Slovénie et Autriche pour l’Europe ; Argentine, Brésil, Bolivie, Chili, Paraguay, Panama, Uruguay et États-Unis pour les Amériques. Ce classement ne signifie pas que ces pays sont dangereux dans leur ensemble, mais qu’ils doivent être connus lorsqu’on parle d’hantavirus.
L’approche la plus utile pour le lecteur consiste à croiser pays, région, environnement et activité. Un citadin en court séjour hôtelier n’a pas le même risque qu’un randonneur dormant en cabane, qu’un agriculteur, qu’un forestier ou qu’une personne nettoyant une remise infestée. Le pays donne le contexte, mais l’exposition réelle donne le niveau de risque.
Repères utiles selon les pays et les profils de voyageurs
| Pays ou zone | Niveau d’attention pour le public | Forme principalement associée | Situations les plus à risque | Conseil orienté client |
|---|---|---|---|---|
| Chine | Très élevé en charge globale | Fièvre hémorragique avec syndrome rénal | Zones rurales, agricoles, bâtiments avec rongeurs | Vérifier les conseils sanitaires locaux avant un séjour rural ou professionnel |
| République de Corée | Élevé historiquement | Fièvre hémorragique avec syndrome rénal | Zones rurales, activités agricoles, exposition aux rongeurs | Être vigilant lors d’activités hors zones urbaines |
| Finlande | Très élevé en Europe selon le taux 2023 | Infection à Puumala, forme rénale souvent plus modérée | Chalets, forêts, maisons secondaires, nettoyage de lieux fermés | Aérer et humidifier avant tout nettoyage de local potentiellement contaminé |
| Allemagne | Élevé en nombre de cas européens | Hantavirus européens, surtout liés aux rongeurs forestiers | Forêts, granges, abris, travaux extérieurs | Éviter le balayage à sec des poussières suspectes |
| Suède | Modéré à élevé selon les années | Hantavirus européens | Forêts, cabanes, activités de plein air | Prévoir des mesures simples en hébergement isolé |
| Slovénie | Variable mais parfois élevé | Hantavirus européens | Zones forestières et rurales | Se renseigner sur les périodes d’activité locale |
| Slovaquie | Modéré à élevé selon les données 2023 | Hantavirus européens | Activités rurales, forestières ou agricoles | Appliquer les règles de nettoyage sécurisé |
| Autriche | Modéré | Hantavirus européens | Campagne, forêts, bâtiments ruraux | Limiter l’accès des rongeurs aux logements |
| Argentine | Très élevé dans les Amériques | Syndrome cardio-pulmonaire, virus Andes possible | Zones rurales, lieux contaminés, contacts proches dans certains foyers | Consulter rapidement en cas de fièvre après exposition |
| Brésil | Important, avec létalité élevée signalée en 2025 | Syndrome cardio-pulmonaire | Zones rurales, nettoyage, exploitation forestière | Redoubler de prudence pour les séjours ruraux ou professionnels |
| Bolivie | En hausse notable en 2025 | Syndrome cardio-pulmonaire | Expositions rurales | Se renseigner localement avant activités nature |
| Chili | Important, virus Andes | Syndrome cardio-pulmonaire | Zones rurales, forestières, agricoles, cabanes | Prévenir tout contact avec rongeurs et poussières contaminées |
| Paraguay | Important en contexte rural et professionnel | Syndrome cardio-pulmonaire | Chantiers, routes, zones rurales | Renforcer la prévention pour les travailleurs exposés |
| Panama | Présent mais moins létal dans le bilan 2025 | Syndrome cardio-pulmonaire | Zones rurales ou périurbaines | Rester prudent dans les hébergements exposés aux rongeurs |
| Uruguay | Présent, nombre plus limité | Syndrome cardio-pulmonaire | Zones rurales, urbaines ou périurbaines selon cas | Ne pas négliger les mesures de base même hors zones sauvages |
| États-Unis | Rare mais documenté | Syndrome cardio-pulmonaire | Cabanes, garages, granges, camping, zones avec souris sylvestres | Nettoyer les lieux fermés avec précaution et consulter en cas de symptômes |
FAQ
Quel est le pays le plus touché par l’hantavirus dans le monde ?
Si l’on parle du nombre global de cas, la Chine fait partie des pays les plus touchés au monde. L’OMS indique que l’Asie de l’Est, notamment la Chine et la République de Corée, rapporte encore plusieurs milliers de cas de fièvre hémorragique avec syndrome rénal chaque année.
Quel est le pays le plus touché en Europe ?
En 2023, la Finlande affichait le taux de notification le plus élevé de l’Union européenne et de l’Espace économique européen, avec 14,5 cas pour 100 000 habitants. Elle avait aussi rapporté 806 cas, soit le plus grand nombre de cas européens cette année-là.
Quels pays d’Amérique du Sud sont les plus concernés ?
L’Argentine, le Brésil, la Bolivie, le Chili et le Paraguay figurent parmi les pays les plus surveillés. En 2025, l’OPS/OMS signalait notamment 66 cas en Argentine, 48 en Bolivie, 35 au Chili, 27 au Paraguay et 20 au Brésil dans son bilan jusqu’aux semaines épidémiologiques 45 à 47 selon les pays.
L’hantavirus est-il présent en France ?
Oui, des cas peuvent être rapportés en France, surtout dans certaines zones du nord-est et de l’est selon les années, mais la France n’est pas parmi les pays européens les plus touchés dans le rapport ECDC 2023. L’ECDC indiquait 50 cas en France en 2023, contre 806 en Finlande et 335 en Allemagne.
L’hantavirus se transmet-il d’une personne à une autre ?
Dans la grande majorité des cas, non. La transmission se fait surtout par contact avec des rongeurs infectés ou leurs déjections. L’OMS précise toutefois que le virus Andes, présent en Amérique du Sud, est actuellement connu pour une transmission interhumaine limitée parmi des contacts proches et prolongés, surtout en Argentine et au Chili.
Quels voyageurs sont les plus exposés ?
Les voyageurs les plus exposés sont ceux qui dorment dans des cabanes, campent, randonnent en zones rurales, nettoient des lieux fermés, séjournent dans des bâtiments infestés par des rongeurs ou participent à des activités agricoles, forestières ou de chantier. L’OMS cite notamment le nettoyage d’espaces fermés ou mal ventilés, l’agriculture, la foresterie et les logements infestés comme situations augmentant le risque.
Quels sont les premiers symptômes de l’hantavirus ?
Les premiers symptômes ressemblent souvent à ceux d’une infection virale : fièvre, maux de tête, douleurs musculaires, fatigue, nausées, vomissements ou douleurs abdominales. L’OMS indique que les symptômes apparaissent généralement entre une et huit semaines après l’exposition.
Existe-t-il un vaccin ou un traitement spécifique ?
L’OMS indique qu’il n’existe pas de traitement antiviral spécifique homologué ni de vaccin contre l’infection à hantavirus. La prise en charge est surtout supportive, avec surveillance clinique et traitement des complications respiratoires, cardiaques ou rénales.
Que faire si l’on a nettoyé un lieu avec des traces de rongeurs dans un pays à risque ?
Il faut surveiller l’apparition de symptômes pendant les semaines suivantes et consulter rapidement en cas de fièvre, douleurs musculaires, troubles digestifs, toux ou essoufflement. Lors de la consultation, il est important de signaler l’exposition possible aux rongeurs, le pays visité et les activités réalisées.
Comment réduire le risque dans une maison, un chalet ou une cabane ?
Il faut empêcher les rongeurs d’entrer, stocker la nourriture dans des contenants fermés, aérer les lieux fermés, éviter le balayage à sec, humidifier les zones contaminées avant nettoyage, porter des gants et désinfecter les surfaces. Ces mesures correspondent aux recommandations générales de prévention rappelées par l’OMS et l’ECDC.



